– 2P 3,10

Les voleurs ont la cote dans les évangiles. À part Jn 10,10 qui les traite (quand même!) d’un petit nom, il semble que, partout ailleurs Jésus ait un faible pour eux. À commencer par la compagnie des publicains qui avaient la réputation fameuse d’être d’habiles larrons. En passant par le gérant malhonnête, habile comptable et expert en larcins raffinés (Lc 16) que Jésus loua, regrettant que les fils du Royaume ne soient pas comme lui. Jusqu’au voleur de paradis, crucifié à son côté : quand on sait qu’Adam et Ève furent chassés du paradis pour avoir croqué une pomme et que le premier à y retourner (avant la Mère de Dieu!) était un escroc…

Et Jésus lui-même : en tout cas, on ne sut jamais comment il réussit à creuser une fenêtre invisible dans la grotte-prison-tombeau où on l’avait enfermer, pour s’échapper en douce au matin de la résurrection. Mais le comble, c’est qu’il reviendra dans la gloire comme un voleur dans la nuit (Mt 24,43; Ap 3,3/16,15; 1Th 5,2.4; 2P 3,10). Dans ce texte, on confond souvent la nuit au voleur, comme si les deux images disaient la même chose. Le voleur peut se passer de la nuit : n’est-ce pas qu’un bon voleur est celui qui vous dérobe en plein jour, à la barbe et au nez, et vous laisse ébahi? Celui qui n’opère que de nuit est un petit amateur.

Si Jésus voulait seulement nous inviter à être prêts pour son retour, il aurait suffi qu’il vienne dans la nuit, comme l’époux (Mt 25,6) ou comme le maître de maison (Lc 12,38). La métaphore du voleur serait donc, dans ce contexte… inutile. S’il vient non seulement dans la nuit, mais aussi comme un voleur, c’est qu’il ne vient pas seulement surprendre mais surtout nous voler quelque chose. Il lui arrive donc de quitter le rôle de celui qui se tient à la porte et frappe gentiment (Ap 3), pour celui qui, à bout de patience, force la porte et entre par douce effraction. (Demandez à Paul et à son cheval!)

— Mais, pour voler quoi?

— S’agissant d’un verset qui a rapport à la fin des temps, on peut penser qu’il vient comme un voleur pour nous prendre la vie, pour la dérober. Dieu serait un voleur sans classe s’il venait nous dérober quelque chose. Sûrement pas : il vient voler l’essentiel, la vie. Et sûrement pas n’importe laquelle. Ce qui intéresse tout voleur, ce sont les choses précieuses que l’on cache dans un coffre fort : c’est la part la plus intéressante du butin. Donc alors (comme dirait un de mes profs) : et s’il venait dérober cette partie de nos vies que nous considérons si précieuse que nous nous y enfermons?

— Pourquoi donc alors?

— Peut-être afin de nous ouvrir les yeux sur le reste que nous ne voyons plus, à force d’être enfermés dans nos précieuses ridicules! Et si vous en doutez, voyez les vies de Paul, d’Augustin… elles pourraient bien illustrer les techniques rodées de ce voleur divin.

Disclaimer : Ceci n’est qu’une façon de dérober un sens au texte. Ne pas s’y tromper, l’auteur n’a aucune expérience dans le métier J.

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